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L'approche

La maïeusthésie,
qu’est-ce que c’est ?

Une approche d’accompagnement qui ne cherche pas à vous changer, mais à mieux comprendre ce qui se vit en vous.
Elle part de ce que vous ressentez, là où vous en êtes, sans forcer les choses.

Tout part de ce que vous vivez

La maïeusthésie ne cherche pas à vous faire entrer dans une case, ni à expliquer trop vite ce qui se passe en vous.

Le mot maïeusthésie dit déjà quelque chose de cette posture. Il vient de maïeutikê, qui renvoie à l’art d’aider à naître, et de aisthanesthai, qui signifie sentir, percevoir. Il ne s’agit donc pas seulement de faire émerger une idée ou une explication, mais d’être sensible à ce qui cherche à venir au monde en soi, sans le forcer.

La maïeusthésie est présentée comme une psychologie de la pertinence. Cela signifie que ce qui se manifeste: une émotion, un symptôme, une réaction, une répétition; n’est pas d’abord vu comme une erreur à corriger  mais comme quelque chose qui a peut-être une justesse, une raison d’être, et qui demande à être reconnu.

Elle part de votre vécu : ce que vous ressentez, ce qui revient, ce qui bloque, ce qui fait mal, parfois sans raison claire.

L’idée n’est pas de corriger quelque chose en vous, mais de porter attention à ce qui demande à être entendu. Même ce qui paraît confus, excessif ou difficile à comprendre peut avoir du sens lorsqu’il est accueilli avec justesse.

Créée par Thierry Tournebise dans les années 70, la maïeusthésie repose sur une conviction simple : ce que nous vivons n’est pas là contre nous. Cela peut devenir un point de départ pour mieux se rencontrer, se comprendre, et retrouver un rapport plus apaisé à soi-même. Il la nomme psychologie de la pertinence : la conviction que rien de ce que vous vivez n’est là par hasard, et que tout mérite d’être reconnu avant d’être interprété.

«S’accueillir, c’est venir habiter ce vide.»
Thierry.T

Contrairement à une démarche centrée uniquement sur le symptôme ou la performance, la maïeusthésie s’intéresse à la personne dans sa globalité : son histoire, ses épreuves, ses ressources, mais aussi ce qui a parfois été mis de côté.

Dans une séance, le praticien n’arrive pas avec des réponses toutes faites. Il arrive avec une disponibilité, une écoute, et l’attention nécessaire pour accueillir ce qui se présente, même lorsque c’est confus, inconfortable ou difficile à formuler.

Il ne s’agit pas de corriger ce que vous vivez, ni de vous pousser à changer plus vite. Une colère qui surgit, une tristesse sans nom, une réaction qui vous échappe, un blocage qui revient peuvent avoir une raison d’être. Ils ne sont pas considérés comme des problèmes à supprimer, mais comme des éléments à écouter avec justesse.

Le praticien ne décide pas à l’avance de ce qui doit se passer. Il ne suit pas un protocole figé. La séance s’appuie sur ce qui émerge, au rythme de la personne, sans chercher à forcer une prise de conscience ou une émotion.

Cette posture peut surprendre, parce qu’au quotidien, il est fréquent de chercher à aller mieux vite, à comprendre, à avancer, à trouver une solution. Ici, l’accompagnement repose sur une autre forme de confiance : celle que ce qui se présente en vous mérite d’abord d’être reconnu, avant d’être transformé.

Cela crée un espace où vous n’avez rien à réussir, rien à prouver, rien à démontrer. Vous venez avec ce qui est là ce jour-là : une émotion, une question, un malaise, un silence parfois. Et cela suffit pour commencer.

Ce que la psyché met de côté
pour vous protéger

Lorsque nous traversons une situation trop difficile à vivre sur le moment, quelque chose en nous peut se mettre à distance. Non pas pour oublier, ni parce que nous sommes faibles, mais pour nous permettre de tenir, d’avancer et même parfois de survivre.

En maïeusthésie nous parlons de pulsion de survie : cette capacité de la psyché à mettre de côté ce qui ne peut pas encore être accueilli. Ce qui est mis de côté ne se limite pas toujours à une émotion, un souvenir ou une réaction. Cela concerne l’être que nous étions à ce moment-là, dans ce qu’il vivait et traversait.

C’est ce que l’on appelle l’être clivé : non pas une « part » détachée de nous, mais la personne entière que nous étions dans une situation donnée, et qui n’a pas encore été pleinement reconnue.

Pour maintenir l’équilibre malgré ce qui a été mis de côté, la psyché ne reste pas inactive. Elle met en place ce que l’on appelle des étais : des comportements, des habitudes, des façons d’être qui nous permettent de continuer à fonctionner. Ce sont des adaptations que nous avons trouvées, souvent sans le savoir, pour compenser ce qui n’a pas pu être vécu pleinement. Un étai peut prendre des formes très différentes : le besoin de tout contrôler, la difficulté à faire confiance, une fatigue chronique, une tendance à s’effacer ou au contraire à toujours vouloir plaire. Ce ne sont que quelques exemples parmi bien d’autres. Ces fonctionnements ne sont pas des défauts de caractère. Ils ont eu une raison d’être. Ils ont rendu service.

Avec le temps, cela peut aussi se manifester autrement : une réaction qui semble disproportionnée, une anxiété, une tristesse qui revient, une tension, un blocage, ou l’impression de rejouer toujours les mêmes situations. La liste est loin d’être exhaustive. Ces manifestations ne sont pas des ennemies à combattre. Elles sont des signes que quelque chose en vous demande à être rejoint, entendu, accueilli. Pour que rien ne se perde, la psyché dépose des traces visibles. Ce que nous appelons symptômes, comportements répétitifs ou malaises inexpliqués : autant de signaux qui nous indiquent qu’il y a quelqu’un à rejoindre.

Le travail du praticien n’est pas d’effacer ces traces. Au contraire, il s’en sert. Le symptôme, le comportement répétitif, le malaise : ce sont des points de départ. Ils permettent de remonter jusqu’à l’être clivé, jusqu’à ce qui attend d’être rejoint. C’est de là que part la rencontre véritable.

La pulsion de survie protège. La pulsion de vie, elle, n’oublie pas.

L’accompagnement ne consiste pas à revivre le passé, ni à chercher absolument une explication. Il s’agit de rejoindre ce qui se présente aujourd’hui, avec délicatesse, sans interprétation forcée et sans objectif imposé.

Vous n’avez pas à réussir cette démarche. La séance avance à partir de ce qui se manifeste, pas à pas, dans le respect de votre rythme et de votre histoire.

Ce qui vient de notre histoire, et parfois d’avant nous

L’enfant que nous avons été ne disparaît pas avec l’âge. Il demeure en nous, parfois visible, parfois mis de côté, porteur de besoins, d’émotions et de ressources encore vivantes.

Un enfant qui n’a pas été entendu dans sa peur, sa tristesse, sa solitude ou même sa joie peut devenir un adulte qui ne sait pas toujours comment accueillir ces mêmes mouvements en lui.

En maïeusthésie, accueillir cet enfant intérieur ne consiste pas à retourner dans le passé ni à rejouer ce qui a été vécu. Il s’agit plutôt de reconnaître ce qui, depuis longtemps, continue de se manifester dans ce que nous vivons aujourd’hui.

Mais notre histoire ne commence pas seulement avec nous. Elle s’inscrit aussi dans une mémoire familiale, transgénérationnelle, et parfois dans des dimensions plus larges qui touchent au sens, à la place, à l’appartenance.

« Ce que nous avons vécu enfant ne se résume pas à un souvenir : c’est parfois une présence qui continue de parler en nous. »

Ce que nous portons ne nous appartient pas toujours entièrement. Des silences, des peurs, des façons de se protéger ou des répétitions peuvent se transmettre d’une génération à l’autre, sans avoir été vraiment nommés.

Il ne s’agit pas d’accuser la famille, ni de chercher une explication à tout prix. Il s’agit de reconnaître ce qui a pu être transmis, pour distinguer ce qui nous appartient vraiment de ce que nous avons parfois porté sans le savoir.

La maïeusthésie accueille ces dimensions sans les interpréter à votre place. En séance, il ne s’agit pas de fabriquer une histoire, mais de laisser émerger ce qui demande à être reconnu : l’enfant que nous avons été, les liens qui nous habitent, ou ce qui attend encore d’être accueilli.

La maïeusthésie, une approche qui vous fait confiance

Elle ne cherche pas à vous analyser, à vous corriger, ni à vous guider vers une vérité déjà trouvée pour vous. Ce qui se passe en séance vient de vous, suit votre rythme, et ne vous est jamais imposé.

Ce qui a été vécu n'a pas à être revécu

Vous pouvez raconter ce que vous avez traversé, ou ne pas le raconter. Rien ne vous oblige à revivre une situation, à replonger dans la douleur ou à tout expliquer. L’accompagnement rejoint ce qui se présente aujourd’hui, sans vous faire repasser par ce qui a déjà été subi.

Il n'y a rien à combattre

Pas de pathologie à éliminer, pas de démon à affronter. Ce qui se manifeste n’est pas vu comme un ennemi, mais comme le signe que quelque chose demande à être reconnu et accueilli.

Ce qui se passe vous appartient

Le praticien n’arrive pas avec des réponses ni une grille de lecture toute faite. Ce qui émerge en séance vient de vous, suit votre rythme, et ne vous est jamais imposé.

Pas d'objectif de performance

Il n’y a rien à réussir, rien à atteindre, aucune “meilleure version” de vous-même à construire. L’accompagnement suit ce qui se présente en vous, sans résultat décidé à l’avance.

Pas une technique de bien-être

La maïeusthésie ne propose ni relaxation guidée, ni méditation, ni outil de gestion du stress. Elle ne cherche pas à masquer ce qui se passe, mais à rejoindre ce qui demande à être entendu plus en profondeur.

Pas une relation d’expert à consultant

Le praticien n’est pas là pour savoir à votre place ce qui est juste pour vous. Il ne vient pas vous expliquer qui vous êtes, ni vous conduire vers une vérité décidée d’avance. Il accompagne ce qui émerge, avec confiance dans ce que vous savez déjà, même si cela n’est pas encore clair.

Illustration d'une séance de maïeusthésie

Comment se déroule une séance ?

  1. Accueil sans agenda

    Vous venez avec ce qui est là : une émotion, une situation, une question, un malaise difficile à nommer. Il n’est pas nécessaire de savoir exactement ce qui ne va pas.

  2. Une écoute qui rejoint

    Je ne cherche pas à comprendre à votre place, ni à interpréter trop vite. Mon rôle est de vous accompagner avec attention, pour que ce qui se présente puisse être entendu et reconnu.

  3. À votre rythme

    Il n’y a pas de nombre de séances imposé, ni de parcours standard à suivre. L’accompagnement avance à partir de ce qui se présente en séance, sans plan défini à l’avance.

Thierry Tournebise

Né en 1951, Thierry Tournebise exerce en psychothérapie depuis 1979. Installé à Bergerac, en Dordogne, il a progressivement façonné son approche au fil des consultations, au contact des personnes qu’il accompagnait.

En 1988, il commence à transmettre son travail à travers des formations. La maïeusthésie ne naît donc pas comme une méthode imaginée à l’avance, mais comme le fruit d’un long cheminement, nourri par l’expérience, l’observation et la recherche de justesse. C’est en 2000 qu’il donne un nom à cette approche, pour qu’elle puisse exister par elle-même, au-delà de la “méthode Tournebise”.

Au fil des années, son approche a été transmise à plus de 20 000 personnes : soignants, praticiens, professionnels de la relation d’aide à travers ses formations, ses ouvrages et ses publications. Thierry Tournebise est l’auteur de 7 ouvrages et d’un site riche de nombreux articles autour de la communication, de l’accompagnement et de la psychothérapie.

Cette idée résume bien la posture qu’il transmet : ne pas chercher à corriger la personne, mais créer les conditions d’une rencontre plus juste avec ce qui, en elle, demande à être reconnu.

La maïeusthésie repose sur une confiance profonde dans la ressource de chacun. Elle s’intéresse moins à ce qu’il faudrait supprimer qu’à ce qui cherche à être entendu, accueilli, réhabilité dans l’histoire de la personne.

Ce qui distingue aussi la transmission de Thierry Tournebise, c’est qu’elle ne vise pas à former des praticiens qui appliquent mécaniquement une méthode. Elle invite plutôt chacun à intégrer la maïeusthésie à sa propre qualité de présence, avec créativité, délicatesse et respect de la personne accompagnée.

Portrait de Thierry Tournebise, fondateur de la maïeusthésie

Il ne s’agit pas de guérir quelqu’un, mais de lui permettre de se rejoindre.

Thierry Tournebise

Psychothérapie, psychanalyse ou maïeusthésie : quelles différences ?

La psychothérapie

Approche structurée qui s’appuie sur des méthodes reconnues (TCC, thérapies brèves, approches humanistes…) pour traiter des difficultés identifiées : anxiété, dépression, troubles du comportement, etc.

Le psychothérapeute propose des outils, des exercices et un cadre orienté vers des objectifs concrets de changement.

La psychanalyse

Approche fondée sur l’exploration de l’inconscient : souvenirs d’enfance, transfert, rêves, associations libres. Le travail est souvent long et vise une compréhension profonde des mécanismes psychiques.

Le psychanalyste interprète ce qui émerge pour éclairer les origines des souffrances actuelles.

La maïeusthésie

Approche d’accompagnement de la personne qui invite à donner naissance à ce qui cherche à émerger sans diagnostic, sans protocole, sans interprétation à votre place.

Ce n’est ni une analyse du passé, ni un coaching orienté performance : un espace d’écoute pour vous rejoindre, à votre rythme.

Pour qui

Cette approche s’adresse à toute personne qui souhaite se comprendre autrement.

Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être au plus mal pour consulter. Une émotion qui revient, un malaise difficile à expliquer, une période compliquée ou le sentiment de ne plus avancer peuvent déjà être des points de départ.

Il n’est pas nécessaire de savoir exactement ce qui ne va pas. Ce qui est là aujourd’hui suffit pour commencer.

Vous reconnaissez-vous ?